Lili, la dame au chapeau
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Beurnonville
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La vie à Troyes


Les écoles à Troyes


A Troyes, la première école est fondée par saint Loup, et a surtout pour but de former des sujets pour le sacerdoce et le service de l’Eglise.

Au début du VII° siècle, notre évêque Ragnégésile entretient à ses frais, cette école épiscopale Troyenne, où saint Frobert se fait remarquer par sa science.

Ces écoles sont des séminaires où les prêtres enseignent la lecture, l’écriture, le chant, la langue latine, la connaissance des rites et des cérémonies religieuses, puis plus tard, la grammaire, la dialectique, la rhétorique, la géométrie, l’astrologie, l’arithmétique et la musique.

Au IX° siècle, Charlemagne et Alcuin trouvent l’enseignement bien organisé à Troyes.

Après le démembrement de l’empire de Charlemagne, la plupart des écoles qu’il a fondées disparaissent peu à peu, mais celles de Troyes restent ouvertes pendant tout le moyen-âge.

C’est à Troyes qu’ont étudié les deux plus grands trouvères Chrétien de Troyes et Thibaut IV le Chansonnier, et que la prose française est née avec Villehardouin et Joinville.

Au XIII° siècle, Troyes compte 3 écoles de latin (St-Jean, St-Remy et Notre-Dame), et une foule d’écoles non latines où l’on apprend seulement à chanter, écrire et lire.

En 1304, la reine Jeanne de Navarre (comtesse de champagne, épouse de Philippe le Bel) institue par testament, un collège en faveur des pauvres étudiants.

En 1378, le pape Grégoire XI fonde à Troyes, une nouvelle école épiscopale qui est installée rue Charbonnet.

Pendant le XIV et le XV ème siècle, les religieux Cordeliers dirigent le collège.

A la fin du moyen âge, l’enseignement est donné à Troyes, par les Petites et les Grandes Ecoles.

En 1539, les deux frères jumeaux, Jean et Nicolas Pithou, suivent les cours du collège des Cordeliers.

A l’époque de la Renaissance, les anciennes écoles deviennent insuffisantes. La municipalité obtient du roi François II en 1560, la création d’un collège.

Le collège ouvre en 1564, avec l’autorisation de Charles IX, dans les locaux de la Grande Ecole de Saint-Remy, et dans ceux de l’ancienne hôtellerie de la Licorne. Il ne reçoit que des élèves externes. En 1598, ces bâtiments tombant en ruine, Mme de Dinteville, femme du lieutenant au gouvernement de Champagne lègue une somme pour la reconstruction du collège.

Par testament de 1617. François Pithou conseiller du roi, lègue sa maison en face Saint-Remy, sa bibliothèque et une partie de ses biens pour la fondation d’un collège, sous la condition expresse que les Jésuites en soient formellement exclus.

Louis XIII, venant à Troyes en 1630, met les Oratoriens à la direction du collège, qui prospère rapidement. A leur arrivée, il y avait une centaine d’élèves, et en 1649, 418 répartis en 9 classes, venant de toute la Champagne.

En 1661, Jacques Hennequin, prêtre de l’Oratoire, docteur en théologie, fonde un second cours de philosophie et une leçon de théologie, 2 heures chaque jour. Les Oratoriens exercent leurs élèves à soutenir des thèses, à réciter des morceaux de poésie et à jouer des pièces de théâtre.

En 1792, la Révolution supprimant tous les ordres religieux, 12 pères de l’Oratoire, professeurs, sont mis à la retraite. Le collège est alors repris par la ville, mais la plupart des parents retirent leurs enfants, et l’établissement est presque désert à la fin de la Terreur.

La loi du 3 brumaire, an IV, détermine les trois sortes d’écoles : primaires (Dessin, Histoire naturelle, Langues anciennes), centrales (Mathématiques, Physique et Chimie) et spéciales (Grammaire générale, Belles-Lettres, Histoire et Législation).

Par arrêté du gouvernement du 12 germinal an XII, la ville est autorisée à établir une école secondaire, qui prend le nom de Collège, à la Restauration.

En 1834 est instituée une Ecole commerciale annexée au collège.

En 1853, un arrêté du ministre donne à tous les lycées, le titre de lycées impériaux. L'ancien collège devient en 1861, le ltycée impérial Pithou.

D’illustres Champenois ont fréquenté le collège de Troyes :  

- Eustache Le Noble écrivain fécond et brillant,

- Pierre-Jean Grosley historien local,  

- l’académicien François Boutard (1664-1729) " l’héritier d’Horace, le poète des Bourbons ", gratifié d’une pension par Louis XIV.

- Nicolas Henrion (1663-1720) numismate, professeur au Collège de France, membre de l’Académie des Inscriptions.

- Pierre-Alexandre Levesque de la Ravalière (1697-1762), membre de l’Académie des Inscriptions, avec ses travaux sur la littérature du moyen âge et sa belle publication des poésies du roi de Navarre.

- L’avocat Jean-Baptiste Grosley (1718-1785), membre de l’Académie des Inscriptions.

- Jean-Charles Thiébault de Laveaux (1749-1827), lexicographe éminent, écrivain d’une fécondité incroyable.

- Magloire Thévenot (1746-1821), grammairien.

- Edouard Thomas Simon, dit Simon de Troyes (1740-1818), qui traduit les grecs, les latins et les italiens, bibliothécaire remarquable, professeur de Belles-Lettres.

- Pierre Mathias Charbonnet (1733-1815), recteur de l’Université de Paris.

         - Courtalon-Delaistre (1735-1786), auteur de l’excellente Topographie du diocèse de Troyes.

- Louis Duballe (1702-1770), qui compose une histoire de Troyes en 3 gros volumes, " chercheur de vieux documents ".

- L’avocat Michel Semillard (1729-1796), qui laisse 9 in-folios de mémoires historiques sur la ville de Troyes.

         - François Girardon (1628-1715), renommé sculpteur.

         - Jacques Nicolas Paillot de Montabert (1771-1849), grand artiste troyen, qui devint " le plus savant de tous les peintres, auteur du Traité complet de la peinture ".

- Nicolas Desmarets (1725-1815), membre de l’Académie des sciences, " l’un des hommes qui par leurs découvertes, ont le plus contribué au développement de notre industrie nationale ".

- J-B. Ludot (1703-1771), mathématicien. " Des expériences qu’il fit sur son propre corps par rapport au froid et au chaud hâtèrent sa fin. Ainsi, il entrait dans un four et s’y tenait un temps considérable. Pendant l’hiver, il se jetait et plongeait dans la Seine gelée et y soutenait le plus longtemps possible la fermentation de la glace ".

- Claude-Louis Huez (1724-1789), maire de Troyes, lâchement mis à mort par une troupe de bandits.

- Georges-Jacques Danton (1754-1794), le grand tribun de la Révolution.

- Henri Belgrand, l’un des meilleurs lieutenants de Bonaparte en Italie, gouverneur de Malte.

- Des généraux de la République : Nicolas-Benoist de Montmeay, Charles-Louis Songis, Nicolas-Marie Songis (dont Napoléon fit rendre les honneurs du Panthéon), Edouard-François Simon, Denis Desrès, ministre de la marine de Napoléon.

  

 

 

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