François1er a dit que : " Troyes, capitale de la Champagne est close, avec fossés et portes qui en font la ville la plus sûre du royaume ! "
Troyes avait 5.200 mètres de murailles, 3 km de faux fossés, et 21 portes.
Il ne reste plus rien de l’ancienne ceinture de murailles qui enveloppait la ville..
La forme particulière dite en " bouchon de champagne " de l’ancienne ville de Troyes a été acquise au XII° siècle. Elle représente l’héritage des comtes de Champagne qui ont largement contribué à l’expansion de la ville et à sa prospérité : nos boulevards actuels ne font qu’épouser le pourtour des anciens fossés de la ville fortifiée.
Avant le XII° siècle, la cité était réduite au quadrilatère de l’ancien oppidum gallo-romain dont chacun des côtés était percé d’une porte.
Les portes sont des édifices de défense considérables. Au temps des Gallo-romains, il y avait 4 portes : en 177, les empereurs Antonin-le-Pieux et Marc-Aurèle élèvent celle du Comte, d’Arnaud, de la Juiverie ou de la Girouarde (avec 2 tours), sise près du pont de l’ Hôtel-Dieu. C’est là qu’ Attila y est reçu par Saint-Loup.
Au midi, la porte de Croncels, existait en 1125. Elle devient porte de Saint-Esprit au XIII°, puis reprend son nom de porte de Croncels. Avec une herse et un petit clocher érigé en 1568, avec une cloche de guet. Une longue voûte, s’ ouvre entre 2 tours, et conduit par un pont-levis dans l’ intérieur. Elle est détruite en 1808.
Celle de la Tannerie, ou de la Grande Tannerie qualifiée aussi de poterne, avec une grosse tour, pont-levis et herse, corps de garde et 13 clés, percée de canonnières (avec les arches du Ru Cordé et la Tour Saint Dominique). Elle est démolie en 1845.
A l’ est, la porte de St Jacques (15 clés. Existait en 1231), avec 2 grosses tours en demi-lune, pont-levis et bascule, percée d’ embrasures, de meurtrières, de rainures, de herses et de fléchières. Cet édifice militaire se trouvait être, après plus de quatre siècles d’ existence, la plus ancienne des portes fortifiées de la ville de Troyes. De 1395 à 1404, on construisit une nouvelle porte. Rebaptisée Porte des Sans-Culottes en 1793, elle est démolie en 1832, le conseil municipal considérant que : " notamment dont la ruine paraît très prochaine, et offre beaucoup de danger pour la circulation, que par conséquent on ne peut différer de l’ abattre ".
Ainsi disparut, et c’est fort regrettable, la plus ancienne porte fortifiée de la ville de Troyes, dont le souvenir nous est gardé par les nombreuses vues du XIX° siècle. Il existe pourtant une rescapée de cette disparition que l’on peut encore voir juchée au sommet de la tour de l’église Saint-Nizier. Il s’ agit de la cloche du guet de la porte Saint-Jacques qui prenait place dans le petit clocher au-dessus des combles. Cette porte fut magnifiquement décorée, la ville apportant tous ses soins pour embellir cet ouvrage militaire. Ses toits étaient couverts avec 46.500 ardoises. Il y avait 9 bannières d’airain et de cuivre fin, mobiles sur leur axe et tournant au gré des vents, peintes d’azur, et dorées à l’ or fin, les armes du roi et de Champagne. Une bannière " pour le guet de Saint-Jacques ", était faite de toile perse bleue semée de fleurs de lys jaunes. De plus, la Ville fit embellir la porte de peintures ornementales qui firent la renommée de cette porte (dont une Annonciation, thème favori, était une peinture sur bois).
En 1175, il existe la porta Sancti Petri, derrière l’église Saint-Nicolas, appelée ainsi, en raison de l’abbaye de Montier-la-Celle (primitivement Saint-Pierre-de-la-Celle), qui devient en 1396, la porte au Mitre, ou bourreau de Troyes. Elle avait de l’importance, car elle desservait l’antique voie d’Auxerre, qui suivait alors la rue Grande-Planche.
La porte Saint-Antoine, flanquée de deux tours, à l’extrémité de la rue des Filles et dans la direction du faubourg Saint-Martin. En 1418, la reine Isabeau y fit son entrée. Vers 1518 elle est dite porte Etoupée, c’est-à-dire condamnée.
En 1514, est mentionnée la porte, appelée aussi poterne de Saint-Quentin, « en avant du ru Cordé ».
La porte de Chaillouet, en face des Moulins-Bruslé (disparue au XVII° siècle), semble avoir remplacé la précédente.
La porte aux Cailles, détruite en 1697, existe déjà en 1157. Elle s’élève à peu près au milieu de la rue Saint-Jacques.
En 1304, la porte de Planche-Clément, nommée en 1191 porta de prato Episcopi, ou Pré l’Evêque, appelée en 1391, porte de Chappes. C’est par cette porte que les seigneurs de Chappes, alliés aux comtes de Champagne, venaient en leur hôtel, près des Jacobins. Elle figure encore au plan de 1697.
Au Nord la porte de Comporté ou Preize (8 clés. Existait au XII° siècle), ou César, en pierres dures avec 2 grosses tours et pont-levis.
La porte de la Madeleine, avec pont-levis et pont dormant, augmentée du fort Belin, (à l’emplacement de notre théâtre). Jeanne d’ Arc prépare l’ assaut de Troyes entre cette porte et celle de Comporté.
La tour Saint-Antoine, près du jardin de Chevreuse, par où entra Isabeau de Bavière.
La porte du Beffroy, ou de Paris, avec 2 petites tours (16 clés), herse et pont-levis. Au-dessus du corps principal, chambre en bois et en saillie où se tient le guet. Existait au XII° siècle. Elle est richement décorée : une Annonciation et, au-dessus du passage de la porte, des fleurs de lis, 2 anges tenant l’écu de France couronné et des bannières peintes d’or et d’azur, ainsi que les armes de Champagne. Une grosse cloche existe dans la tour, que l'on ne sonne ordinairement que pour avertir de quelque danger. Charles VIII et la plupart des rois y font leur entrée. Elle est détruite en 1820.
A l’ est, la porte au Mitre, de l’Evêque, de St Nicolas ou du Pont Ferré, appartient à l’ évêque qui en a les clés et y reçoit les droits d’ entrée.
La Porte-aux-Bœufs, à l’ entrée de Ste-Savine.
Celle de St Lyé, St Martin ou de Provins (démolie vers le V° siècle).
Au Nord, la porte des Oursiers. A l’ extrémité méridionale, la porte Jaune (démolie au XVI° siècle).
La porte de St Denis flanquée par la Tour du Chapitre.
Enfin, celle du Château des comtes ou de La Tour.
Il y avait aussi la Fausse-Porte-St-Antoine, la fausse de St Jacques à la hauteur rue aux Moines.
On ferme les portes :
- quand un ennemi ou des chefs de bandes incendiaires approchent et pendant les troubles.
- en période de peste, pour empêcher d’ entrer les gens venant des pays où règne la contagion.
- quand en 1432, la misère est grande, on double la garde des portes.
En 1694, avec les mauvaises récoltes, les boutiques des boulangers sont pillées, il y a distribution de pain à 400 pauvres (1 femme et 4 filles sont étouffées dans la foule), l’autorité fait alors garder les portes afin d’ empêcher les étrangers de venir acheter du blé au marché.
Pour chaque porte, il y a 14 gardes de 18 à 20 personnes soumises à un chef, le maître de fer.
Souvent, le maire a seul la garde de la ville et chaque soir après la fermeture, les clés lui sont apportées.
Sur le bandeau du bas de chaque page, vous cliquez sur "Plan du site", qui est la table des matières, et vous choisissez le chapitre qui vous intéresse.
Cliquez sur "Nouveaux chapitres" vous accédez aux dernières pages mises en ligne.