Lili, la dame au chapeau
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Beurnonville
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Jehan Guailde (ou Guayde)

 

Le nom de Jehan Guailde est cité dans les Archives de la ville de Troyes lors des travaux de maçonnerie au pied de la Belle-Croix, en 1492.

 

Jehan Guailde « maçon, demeure à Troyes dans une maison sise en la rue de l’Aude, tenant d’une part et d’un bout à l’hôtel de la Sezame, d’autre part à ladite rue, et de l’autre bout aux hoirs ou ayant cause feu Guillaume Remon ». 

 

Il est surtout connu pour ses travaux à l’église de la Madeleine (chœur et abside) qu’il décora de ce magnifique jubé de pierre.

 

Jehan Guailde est avant tout un maître-maçon au service de la ville de Troyes, et tout particulièrement dans le domaine de la défense : il apparaît comme étant le seul maître-maçon à s’occuper d’architecture militaire au début du XVI° siècle, et il est qualifié à la fin de sa vie de « maître maçon pour le Roy nostre sire à Troyes ».

 

Jehan Guailde apparaît donc pour la 1ère fois dans les comptes de la ville en 1492. Il travaille à la maçonnerie du pied de la Belle-Croix que la ville a décidé de faire refondre.

 

C’est lui aussi qui, en 1495, prospecte à la demande de la ville les fontaines de la Malmaison près de Torvilliers en vue de les capter pour alimenter Troyes.

 

Dans le même temps, il entreprend les travaux de réfection du chœur et du chevet à l’église de la Madeleine.

 

En avril 1501, il reconstruit la porte du Beffroy.

 

En 1507, il reconstruit le pont de la Salle, en 1508, la porte de Comporté et commence à travailler au jubé de la Madeleine.

 

En 1511, il refait la porte de Croncels et répare l’arche de Ryoteuse.

 

En 1512, il achète des pièces de bois pour étayer le jubé et « utilise les crampons de fer, le plomb et le mastic pour lier les pierres entre elles. Il fait venir en hâte de Tonnerre 2 des plus grosses pierres et les monte pour relier et joindre le jubé ».

 

Mais la guerre a lieu en Italie et Jehan devient plus utile pour le service de la défense de la ville de Troyes. Il travaille à la fortification du boulevard de la porte Saint-Jacques, des 2 tours de la porte de Croncels, en 1514, aux canonnières du mur du rempart derrière le couvent des Cordeliers, en 1515 il répare l’arche du Joly Saut et celles du Noyer aux Enfants et à l’arsenal de la ville près de Saint-Nicolas, il entreprend des travaux au grand pont de Saint-Jacques et au pont de pierre du faubourg du même nom, reconstruisant les 2 chevets.

 

En 1516, il reprend les travaux de maçonneries du jubé de la Madeleine, et la construction de l’escalier qui permettra d’accéder à la galerie du jubé, il installe la balustrade ajourée, il ajoute « 2cloisons de bois afin de garder que l’on ne monte sur les tabernacles des autels étant aux 2 bouts du dit jubé ».

 

Il demande à Simon Mauroy de faire les écussons et les armoiries « par devers le chœur » et achève le jubé de la Madeleine. L’inauguration de cet admirable chef-d’œuvre a lieu le jour de Noël.

 

Pour réaliser un pareil travail, Jehan Guailde sait s’entourer de très bons maçons, les 16 meilleurs qui ont déjà travaillé sous sa direction sur les chantiers de fortification de la ville de Troyes.

 

Quant aux statues qui ornent le jubé, elles ne sont pas du ciseau de Jehan Gailde qui est maître-maçon, tailleur et non un imagier.

 

Le jubé est nettoyé à l’occasion des fêtes de Pâques, de la Madeleine et de Noël.

 

Les dons, aumônes et quêtes faites sur la paroisse « pour parachever et faire ledit jubé de pierre » ne représentent pas un gros apport, surtout au moment de la guerre où aucune quête n’est faite.  

 

A côté du salaire que perçoit pour son travail Jehan Gailde, il reçoit aussi d’autres sommes d’argent qui lui sont allouées pour divers services : études de projets, visites…

 

Il a fallu 7 ans à notre maître-maçon pour édifier cette merveille de pierre, seule œuvre miraculeusement conservée de cet habile architecte et qui témoigne toujours de son grand talent.

 

Je décide avec le  Conseil municipal de Troyes du 30 octobre 1964, de donner un nom : « La voie prolongeant l’Impasse de la Basse Charme et aboutissant rue de la Haute Charme, face au Chemin Traversot, et dont le nom actuel de rue de la Haute-Charme, donne lieu à des confusions regrettables avec la rue de la Haute Charme prenant naissance Avenue Général Leclerc, sera dénommée rue Jean-Guailde, en mémoire de l’auteur du Jubé de la Madeleine ».

 

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le Jubé de la Madeleine
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