Lili, la dame au chapeau
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Beurnonville
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Photo de Sylvain Romand
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Anecdotes


Anecdotes, coutumes, sans date précise

      Toutes nos communes de Champagne ont connu de funestes présages.

 

      A Braux, lorsque pendant la messe d’enterrement, un cierge se mettait à couler, il annonçait un prochain décès. Et quand midi sonnait à Rumilly, en même temps que tintait la clochette de l’élévation, à la messe du dimanche, c’était aussi le présage d’un nouveau et prochain décès.

 

      A Mesnil-Saint-Père, on disait d’un mort qu’il "  en emmenait 2 derrière lui quand il sautait le grand fossé ", c’est-à-dire lorsque son cercueil était obligé de passer sur le ru des Plantains.

        Le 4° dimanche de carême porte à Saint-Lupien, un nom particulier, on l’appelle « le dimanche des petits poissons ». En voici la raison : après les vêpres, les gens vont seuls, par groupes ou en famille, aux abords de la fontaine saint Lupien, ils émiettent pour les poissons du pain que jadis les ménagères faisaient spécialement à cette intention. Le jour de la fête patronale (13 octobre), afin de marquer l’union intime qui existe entre le village et son saint protecteur, les habitants plongent la main dans la fontaine. Un pèlerinage avait lieu le dimanche qui précédait le 12 octobre. Les rites en usage étaient d’attacher des rubans à la croix et de jeter des pièces de monnaie dans cette source réputée pour guérir les maniaques et les fous furieux. Les femmes stériles qui buvaient de cette eau, s’en trouvaient bien.

        De même, à Rumilly-les-Vaudes, on pensait qu’un nouveau décès surviendrait dans la semaine, quand la bière d’un défunt franchissait 2 ponts pour se rendre au cimetière.

 

       Autrefois, à Rumilly-les-Vaudes, les jeunes gens se rendaient volontiers vers une chapelle entourée d’arbres qui abritait une statue connue sous le nom de " la Sainte de Chaussepierre ", laquelle est devenue ensuite, d’une façon plus concrète " Sainte Geneviève ". Ils déposaient des épingles aux pieds de la statue puis allaient boire l’eau de la source. Cela leur donnait l’assurance de se marier dans l’année. Les mamans également venaient déposer sur les ondes de la fontaine les langes de leurs jeunes enfants. Selon que ces linges surnageaient ou s’enfonçaient dans l’eau, elles en tiraient des présages bons ou mauvais pour la santé de leurs enfants. Enfin, le clergé et les fidèles s’y dirigeaient en procession, car les eaux étaient réputées pour guérir la fièvre.

 

      Le chanteau est la part de pain bénit (en principe, la croix dessinée au milieu de la brioche), que recevait celui qui, le dimanche suivant, devait l’offrir à son tour. On disait qu’un vieillard, en mourant " baillait le chanteau ", à celui qui semblait le plus près de prendre sa place dans le corbillard. Cela n’impliquait aucune notion de temps, et le successeur n’était pas pressé. A moins qu’un funeste présage n’en décide autrement.

      Une coutume chrétienne a longtemps existé à Dampierre, Ervy et Essoyes : à toutes les personnes venant s’incliner devant la dépouille mortelle, à la maison du défunt, la famille remettait un sou pour la quête de l’offertoire de la messe d’enterrement. Elle permettait ainsi à chacun de participer à l’offrande de la messe d’enterrement ou du dimanche suivant, destinée à assurer au défunt les prières indispensables au repos de son âme. Ainsi, la famille était-elle assurée que personne ne manquerait à ce devoir !

 

      A Romilly-sur-Seine, autrefois, il était d’usage de glisser entre les dents du mort une pièce d’argent, et de placer à côté de lui, dans le cercueil, un pain spécialement béni. Un fossoyeur qui a procédé au transfert des corps de l’ancien, vers le nouveau cimetière, a trouvé cela de très nombreuses fois.

        Avant la Révolution, dans la chapelle du Saint-Esprit de Bar-sur-Aube, un tableau représentait saint Gengould en train de confondre sa femme d’infidélité à la foi conjugale. Ce tableau semble avoir inspiré la coutume suivante : le 10 mai, veille de la fête de ce saint, patron des maris dont les épouses sont infidèles, le peuple va dans les prés cueillir ces fleurs jaunes appelées " bassinets " ou boutons d’or, avec lesquels il forme des bouquets. La nuit, ces bouquets sont attachés à la porte de beaucoup de gens mariés. Toutefois, les fleurs jaunes ne troublent pas la sérénité des maris remplis de confiance dans la fidélité de leurs vertueuses épouses, et ces dernières ne se fâchent pas de cet hommage douteux, qu’elles regardent, à juste titre, comme une plaisanterie.  

 

     

On disait au sujet du pain bénit de Pâques, qu’il ne moisit jamais(Vougrey).Certaines personnes conservaient dans leur armoire un morceau de pain bénit de la St.Nicolas, croyant se préserver des incendies (Montsuzain).

        Un certain seigneur de La Villeneuve-au-Chemin avait pris une servante pour s’occuper de ses enfants et pour les surveiller. Or, un jour, il arriva qu’un couvert d’argent disparut du vaisselier seigneurial. Immédiatement, la servante fut soupçonnée de l’avoir volé. Malgré ses protestations et ses dénégations de toutes sortes, sans autre forme de procès, le seigneur la condamna à la potence. Il la fit pendre comme un vulgaire criminel. A quelques temps de là, le couvert réapparut, il avait seulement été égaré par les enfants du seigneur. Pris de remord et sentant le vif reproche de sa conscience, le seigneur ordonna de démolir la potence en disant : " Jamais un autre innocent ne subira le sort de cette pauvre femme." En lieu et place, on mit une grande croix qui prit le nom de " Croix de la potence »".

        On dit qu’au Moyen-Age un château fort dominait le Mont Chirac (Montgueux) de sa silhouette imposante. Un baron en partageait la solitude austère avec sa fille Clotilde. Mais Clotilde était déjà une enfant émancipée. Déguisée en bergère, à l’insu de son père, elle allait au devant de Thiébault, comte de Champagne. Une nuit, veille de Noël, elle disparut avec lui. L’année suivante, à l’approche de Noël, une lueur effrayante embrasa tout le château. L’évêque de Troyes fut appelé à faire l’exorcisme de ce lieu hanté. Le lendemain, un énorme dragon sortit du château disloqué, qui s’abîma aussitôt dans « le trou de Chirac ». Il n’en est resté qu’une seule pierre portant l’inscription : « Passants, faites une prière pour la pauvre Clotilde. »   

 

         Le tir à l’oie était pratiqué dans de nombreux villages de l’Aube (principalement le 14 juillet) jusqu’à la fin du XIX° siècle. Par exemple à Nogent-sur-Aube, les jeunes gens se réunissaient sur la place, et les yeux bandés, tentaient de couper le cou de l’oie à l’aide d’un sabre. Le vainqueur emportait l’animal que tous dégustaient ensemble, mais c’est le gagnant qui offrait à boire.

 

          A Arcis-sur-Aube, la coutume consistait à couper le cou d’une oie offerte par chacun des habitants à tour de rôle. La bête était ensuite mangée en commun par les jeunes gens du pays.

 

        A Saint-Thibault, l’oie était suspendue à une perche oblique. Les joueurs pouvaient à leur gré trancher le cou de l’oie ou la ficelle, mais n’avaient droit qu’à un seul essai. Le vainqueur emportait la volaille.

 

         Lors des fêtes communales ou le 14 juillet, dans certaines communes, un canard remplaçait l’oie. Ainsi, à Brevonnes, le canard était suspendu en travers de la rue principale. A Chappes, à Saint-Julien, la carabine remplaçait le sabre...

  

 

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